Fini le bas bruit, les masques tombent. Et fort vite ces derniers temps où l’on voit avec désolation des dirigeants jouer au va-t-en-guerre, nier le droit international, snober les institutions supposées gérer les relations internationales et se comporter comme des caïds de cour de récré. Notre Belgique n’est pas à l’abri de ce type de dérive puisque, non contente de s’asseoir sur d’innombrables condamnations en justice, elle est même officiellement devenue l’an dernier un de ces pays qui conteste le rôle d’institutions majeures dans la protection des droits humains.
Comme si, aujourd’hui, la « lenteur » des processus représentatif et judiciaire était devenue rédhibitoire alors que, même sans crise spécifique qui l’exigerait, l’action de l’exécutif devrait être rapide et libérée de toute « entrave ». De plus en plus, on sent donc s’opérer ce glissement vers une société où le compromis autoritaire peut devenir un choix rationnel. Le tour que joue le temps, c’est de nous faire croire à tort que tout durera toujours et, bien que rien ne dure, nous continuons de vivre dans ce rêve. Mais les temps sont surtout ce que nous en ferons et c’est aujourd’hui que cela se joue.