Pincée de Coco, artiste, poète, slameuse, a rejoint le collectif lors des premières projections. Et c’est tout naturellement qu’elle est une des voix de ce deuxième volet, afin de briser les tabous autour de la santé mentale. « Quand j’étais plus jeune, ça m’a beaucoup manqué d’entendre parler de santé mentale. La plus grande souffrance que j’ai eue quand j’étais jeune, c’était la solitude. On ne parlait pas encore de santé mentale, du fait d’aller mal. Moi, j’avais des idées noires et je n’en parlais à personne. Et quand j’en parlais à des gens, on me répondait que c’était bizarre, que ce n’était pas normal, je leur faisais peur. Je me sentais folle. Le fait d’avoir été hospitalisée, puis de rencontrer des centaines de personnes comme moi via les projections et le collectif, ça m’a permis de me sentir moins seule. Si j’avais su avant qu’on était beaucoup à ressentir ça et qu’il y avait des raisons à ce mal-être, je l’aurais mieux vécu. L’ignorance a été ma plus grande source de souffrance. Maintenant le fait de pouvoir en témoigner, de pouvoir dire à des jeunes : ça existe et c’est ok de se sentir mal mais tu n’es pas seul, c’est un grand soulagement pour moi. C’est l’élément qui me rend le plus fier dans ce projet. »
Véronique De Thier, co-directrice de la FAPEO et membre du collectif, croit profondément que c’est en mettant le jeune au centre que de vraies pistes d’améliorations surviendront. « Je n’ai pas envie d’utiliser le mot fierté. Mais en tout cas, il y a beaucoup de joie à voir que les jeunes prennent la parole et qu’enfin on les écoute. Le collectif a comblé un vide. C’est vraiment important de laisser une place à ces jeunes qui ont envie de s’exprimer et de s’engager. »
Tout s’est arrangé (ou pas)
Novembre 2025 · 70 min. · Réalisation : Pierre Schonbrodt